Retour d’expérience sur une semaine de parapente pas comme les autres :

Notre stage « parapente et mental » du 17 au 21 août 2020 chez Delphine Pille de l’école Esprit Parapente en Drôme Provençale à Mévouillon et ses alentours.

5 stagiaires, 6 visions, 6 témoignages :

A la demande de plusieurs personnes, cet article a été enrichi des témoignages des autres stagiaires, notamment les messieurs, avec en cadeau bonus l’article d’Eric, en 2018, lors de son premier stage PM.

La navette de l’école

Amélie :

Amélie se prépare

La semaine dernière, j’ai fait un stage de « préparation mentale et parapente » chez Esprit parapente en plein cœur de la Drôme Provençale. Dans ce coin de France, nous sommes toujours en région AURA, parfois (souvent) le réseau téléphonique est absent. Les paysages sont magnifiques, les villages pittoresques, les couleurs jaunes dorées des champs de Petit Épeautre (AOC) coupés, contrastent avec le vert des pins. Il y court des odeurs de lavande et de thym.

Les paysages magnifiques

Ce stage est encadré par Delphine Pille, monitrice de parapente et diplômée d’une formation universitaire de préparation mentale et d’aide à la performance. Il s’adresse à des pilotes autonomes qui ressentent le besoin d’approfondir leur mental pour progresser voire performer. Ces pilotes peuvent se trouver face à, une problématique spécifique ou non. D’ailleurs, certains pilotes viennent chercher des outils de préparation mentale pour enrichir leur pratique, sans rencontrer de difficulté. La dimension mentale dans notre pratique est importante car d’une part voler procure des émotions fortes et d’autre part, l’activité demande de l’engagement, que ce soit l’une ou l’autre, leur gestion mentale est importante.

Je me suis inscrite à ce stage sans savoir vraiment à quoi m’attendre. Ma première problématique personnelle est le vent fort ! Le vent fort provoque chez moi un état de stress qui me bloque dans ma progression de parapentiste, allant parfois même jusqu’à me paralyser. J’ai plusieurs fois renoncé à voler dans cet état mental. J’étais donc à la recherche d’outils et de solutions pour aller au-delà de cette difficulté, afin de retrouver de la sérénité dans ma pratique et me permettre de continuer ma progression tout en me faisant plaisir.

Le vent fort fait des siennes à Laragne

Le cadre du stage permet de construire un groupe avec des problématiques toutes singulières et personnelles. Chaque participant apporte son vécu, sa pratique du parapente, son identité, ses besoins et ses difficultés éventuelles. Nous nous apportons tous quelque chose, du « jeune » pilote au plus expérimenté. Que l’on se reconnaisse ou pas dans le discours du copain, la bienveillance, l’écoute et le non-jugement permettent un accompagnement collectif et un cheminement personnel.

Une partie du groupe

Durant le stage, au travers des échanges avec les autres participants, les apports théoriques de Delphine, les vols, j’ai identifié mes besoins pour gérer le vent fort. Beaucoup de notions / outils ont été présentées durant ces 5 jours : autonomie, besoins, zone de confort, objectifs, gestion attentionnelle, index de confiance, déclencheurs, états séparateurs, discours internes, visualisation, lucidité, ancrages, routine, etc. De plus, les échanges individuels avec Delphine m’ont permis d’approfondir des outils de préparation mentale pour mettre en place une routine afin d’évoluer dans ma pratique et progresser sereinement. Au cours de cette semaine, nous avons beaucoup volé. A chaque vol, Delphine nous donnait des exercices à faire afin d’approfondir notre travail mental. En début de semaine, les exercices étaient guidés afin d’expérimenter tel ou tel outils ou conscientiser un aspect de la préparation mentale mais au fil de la semaine, les exercices se sont transformés en objectifs individuels pour chaque vol.

Amélie qui pose comme une fleur

Je suis consciente que ce stage peut être totalement différent selon les besoins et les problématiques des autres participants et c’est ce qui en fait sa richesse. Delphine s’adapte totalement aux attentes et besoins de chacun et apporte à la fois des apports théoriques et des outils de préparation mentale nécessaires, pour répondre aux problématiques individuelles et collectives.

Les mots que je retiens de ce stage sont : sourire, ancrage, partage, bienveillance et sérénité.

“Tout en ayant conscientisé mes difficultés, je ressors de ce stage avec des clés et des outils pour recentrer mon énergie pour améliorer mon parcours de parapentiste. Je me sens plus sereine dans ma pratique, j’ai l’impression d’avoir avancé en tant que pilote. Même si je ne suis pas “guérie” du vent fort, j’ai les cartes en main pour arriver à surmonter cette angoisse et retrouver le plaisir de voler dans des conditions plus fortes.

Comme nous sommes tous différents, certaines personnes ne ressentiront pas le besoin d’introspecter leur pratique ou leurs émotions. Cette démarche est indéniablement personnelle. En tout cas pour moi, ce fut une semaine riche en émotion.

Je remercie Delphine pour l’encadrement du stage et son accompagnement tout au long de la semaine. Merci aux autres participants Elodie, Eric, Isa, Jérôme et Pascal pour leur bienveillance, leur soutien et nos échanges enrichissants.

Sourire d’une parapentiste heureuse 😃
Amélie

Isa :

Isa, au décollage de Laragne, se prépare pour un vol thermique

Pour que vous compreniez un peu mieux cette histoire, il me faut vous faire un rapide retour en arrière. Septembre 2017, je suis une parapentiste normale, plutôt confiante et toujours partante pour aller voler, dans tous types de conditions. Même si je ne suis pas une fana de cross, je sais faire. BPC en poche, je prépare ma Qbi et tout va bien. Voler me permet de m’évader et c’est un réel plaisir même si parfois les turbulences me déstabilisent un peu. Comme tout le monde. Une parapentiste normale quoi…

Quelques mois plus tard, pour des raisons très peu liées au parapente, je souffre d’une grosse dépression et plus rien ne me motive. Si je prends un vrac, suis-je vraiment certaine d’avoir envie de sortir mon secours ??? Avec cette question un peu obsédante, je me mets à avoir des bouffées d’angoisse sur les conditions que je vais rencontrer en vol. Suivant l’adage « s’il y a un doute, abstiens-toi », je ne décolle presque plus… Moins je vole, plus j’ai peur, plus j’ai peur, moins je vole, etc. C’est le début d’une descente en spirale qui m’amène jusqu’au point ou décoller devient presque insurmontable. Je trouve des excuses pour ne pas y aller (je vais faire la navette ! j’ai une ampoule au p’tit doigt… j’peux pas, y’a Kho Lantha à la télé… mais t’as pas la télé… et alors ?  ) et en prime je culpabilise de ne pas voler alors « que j’ai largement le niveau pour y aller » d’après tous les parapotes qui essaient très gentiment de m’aider.

Delphine qui aide une stagiaire du stage perf à se préparer au vol.

J’en viens à me demander si je ne devrai pas tout simplement arrêter l’activité. Sauf que oui mais non ! Ça fait 18 ans que je vole et j’aime ça ! Bref, je chercher désespérément une façon de reprendre du plaisir dans cette pratique parce que ça fait de looonnngs mois que je n’ai pas eu le sourire après un vol… Je suis bloquée.

Alors quand Elodie m’a envoyé ce message disant qu’elle pensait faire un stage « Mental et Parapente » pendant ses vacances et qu’elle me proposait de m’inscrire avec elle, je n’ai pas réfléchi et j’ai foncé.

Pour être vierge de toutes attentes et vivre cette semaine sans à priori, j’avais décidé de ne pas me renseigner sur le contenu du stage avant d’y aller. Et malgré tout, j’avais pas mal d’idées préconçues…

Mixité de genre, de niveau, de matériel

Je pensai que les stagiaires seraient exclusivement des femmes (ben oui, je sais, c’est un peu bête, les mecs aussi se posent des questions), des pilotes plus ou moins en phase de doute, (voir en perdition) et pas du tout des gens avec des objectifs de performance… J’avoue que je m’attendais aussi à pas mal de masturbation cérébrale et peu de concret. Vous allez voir que j’étais vraiment à côté de la plaque.

Lundi 17/08/2020, 8h30, début de ce fameux stage… Nous sommes 6 pilotes. Nous attaquons par un tour de table des « parapentistes anonymes » pour se présenter. Prénom, nombre d’années de vol, matos, âge, situation pro et perso, objectifs et attentes par rapport au stage.

Première surprise, le groupe est mixte avec une parité totale. Deuxième surprise, d’autres pilotes volent « sans problème » et cherchent plutôt à améliorer leurs performances : difficulté à faire durer les vols ou à « faire le plaf » par exemple. Troisième surprise, l’un des stagiaires est multirécidiviste et attaque sa 3ème session de ce stage…

Une partie du groupe

Après ce tour de table, Delphine, notre monitrice, se présente. Elle est titulaire, en plus de son monitorat parapente, d’un diplôme universitaire de préparation mentale et d’aide à la performance… Les acteurs sont en place, maintenant on va voler !

Je vous ferai grâce des détails de chaque vol et de chaque exercice… Ce que j’ai retenu c’est que pendant ce stage :

  • Les journées commencent tôt (7h30) et finissent tard (parfois 20h30), c’est dense et il faut bien dormir.
  • On vole beaucoup et dans toutes conditions : ploufs du matin, vols thermiques, parfois puissants et même hachés, vents forts, vols dynamiques dans le vent météo et jolis soaring du soir. Il y en a pour tous les goûts.
On vole !!! Soaring de fin de journée à La Trappe.
  • Voler « encadrée » m’a permis d’être artificiellement rassurée pour enrouler du thermique jusqu’au nuage (1ère fois en 2 ans et demi !), voler dans un ciel clairement « allumé » (fin de matinée en août dans les alpes du sud !), reposer sur un déco et repartir ensuite (Trooop bien !), profiter du vol et voir le paysage (j’avais oublié comme c’est beau vu d’en haut quand on prend le temps de regarder), atterrir avec le sourire et une certaine fierté parfois (j’ai vu l’extrados de tous les copains, même le gars en C !). Ce qui m’a permis de réaliser bêtement, qu’en fait, j’en suis toujours tout à fait capable ! et que je sais encore piloter. 😉
Et oui, Isa a  vu l’extrados de ce gun !
  • On travaille à chaque vol : « conscientisation » des états émotionnels liés au vol, identification et analyse des moments clés qui font basculer vers la peur ou la sérénité, identification d’éléments séparateurs pour se « reconnecter » au vol quand on risque de basculer dans le « mal », ancrage de ressources positives, exercices de respiration, mise en place d’une routine de préparation au vol, exercices d’analyse objective du vol à venir et des conditions en lien avec ses capacités, fixation d’objectifs « un petit pas après l’autre »…
Un très beau décollage parfaitement maîtrisé par Elodie
  • On débriefe et on discute encore plus : chacun explique son ressenti sur le ou les vols du jour et on échange collectivement. Les vols des uns servent aux autres et vice versa quel que soit le « niveau » des autres pilotes. Le témoignage de l’un fait parfois « tilt » chez une seconde personne qui prend ainsi conscience d’une chose qui, jusque-là, lui échappait. On travaille sur le mental et les émotions évidement mais aussi sur des stratégies « techniques » de vol : règle des 3 tiers, placement, vol « efficace »., etc.
Isa, en finale, à l’atterrissage de Laragne
  • Delphine nous apporte une vraie mine d’or avec une trousse à outils bien fournie par ses apports théoriques : autonomie, contrôle, identification des besoins, définition de la zone de confort, fixation d’objectifs ambitieux mais accessibles, gestion émotionnelle, gestion attentionnelle, états séparateurs, index de confiance, réappropriation des discours internes, exercices de visualisation, exercices de PNL (Programmation NeuroLinguistique), « momentum », grilles d’analyse des états mentaux et physiques, et… plein d’autres… A chacun de faire le tri et d’en tirer ceux qui lui conviennent
Elodie qui fait le tri justement…
  • La force du collectif et de l’humain a une très grande place dans ces 5 jours et nous avons eu la chance d’avoir un groupe très constructif et investi. La bienveillance, le sourire et la « positive attitude » de tous sont autant d’émulateurs qui permettent de passer des caps et de faire sauter quelques verrous… ou du moins de trouver les clés qui pourront les ouvrir plus tard.

Donc un grand merci à Delphine, son équipe, les stagiaires PM, les stagiaires du perf et les gens sympas rencontrés. Je suis chaque jour plus convaincue que l’ouverture aux autres et les rencontres sont des clés du vol serein et heureux. La grande famille des volants est celle que je choisis. 

Les sourires, et même les rires, sont là !
  • On a tous eu des hauts et des bas, voir quelques craquages, parce que la démarche remue bien quand même. C’est dense émotionnellement mais ça fait avancer.
  • Les entretiens individuels avec Delphine sont des moments privilégiés où l’on creuse « son cas ». Chacun est unique et est arrivé ici avec des problématiques individuelles qu’elle prend le temps d’analyser et de traiter au cas par cas.
Chacun à son niveau et avec son matos, on avance.
  • On ne cherche pas à comprendre « pourquoi » il y a un verrou, pour ça, il faut plutôt consulter un thérapeute. Mais on travaille sur le « comment » voler mieux, chacun à son niveau. On cherche des solutions et des « trucs » qui permettent de passer les caps et c’est très concret.
  • A la fin, il n’y a pas de miracle mais du travail en cours et à venir, une vraie « ressourcethèque » d’outils à exploiter, de profondes remises en cause parfois, quelques remous et du pain sur la planche pour la suite.

A posteriori, avant le stage, j’avais vraiment le sentiment d’être dans une impasse et que plus le temps passait, plus « mon parapente » m’échappait au sens propre comme au figuré. Aujourd’hui, je me sens dans une nouvelle dynamique positive avec quelques réponses à mes problématiques, beaucoup de pistes à explorer et des outils pour avancer. Le chemin reste en grande partie à parcourir mais j’ai recommencé à avancer.

Les yeux tournés vers le chemin à parcourir et plus de sérénité au cœur, chacun reprend son envol.

Je me suis fixée de nouveaux objectifs à court, moyen et plus long terme. Tout d’abord, voler BEAUCOUP et dans tous types de conditions en privilégiant la notion de plaisir et en cherchant la sérénité pour retrouver plus de confiance en mon pilotage. Ensuite, aller vers plus de « performance » même si je n’aime pas ce mot, en sortant du bocal, en loisir, avec les copains. Je compte sur vous ! Et enfin, faire quelques compétitions, l’été prochain si tout va bien…

Pour finir, les mots barbares et inconnus qui ponctuent cet article vous interpellent et vous aimeriez en savoir plus ? Il ne vous reste plus qu’à vous inscrire pour une prochaine édition du stage que je recommande à TOUS. Héhéhé !

Que vous ayez des blocages à dépasser, que vous vouliez « juste » voler plus sereinement et efficacement ou que vous ayez envie de performer jusqu’à devenir champion du monde, ce stage est fait pour vous ! Si vous avez la volonté d’associer votre mental à votre progression, ce qui me semble être le seul prérequis, vous allez faire des pas de géant ! Un petit pas après l’autre. 😉

Je rempilerai sans doute un jour pour une deuxième session… peut-être pour gagner la coupe du monde ! Hahaha !

Elo :

Elodie « mentalise » son vol

J’ai pour ma part déjà participé à de nombreux stages, mais aucun ne ressemble à celui-ci ! Il est assez unique en son genre. En général en stage ‘classique’, on nous parle beaucoup de technique : l’aérologie, le tangage, le 360… Mais où est la part du mental dans tout cela.

Delphine, notre mono, durant notre entretien individuel, m’a posé 2 questions très simples, mais qui m’ont beaucoup fait réfléchir : “- Dans ta pratique du parapente, quelle place donnerais-tu au mental ? – Hummm… Je dirais au moins 65%. – Et combien de temps passes-tu à travailler ton mental ? – Hummm quasiment 0% de mon temps !”

Et oui, c’est un peu la révélation, en l’air, je travaille très souvent le tangage, le roulis, les oreilles… mais jamais la respiration abdominale, le visualisation mentale, et toutes les autres méthodes qu’Isa et Amélie ont déjà citées. Et je ne sais pas vous, mais je peux appliquer ce constat dans bon nombre de pratiques dans ma vie de tous les jours. Je me rends compte que c’est un peu notre société qui veut ça : mettre la technique au cœur de tout en délaissant les émotions de chacun, les ressentis, et le bien-être.

Une partie du groupe

Les filles ont d’ors et déjà bien balayé le stage, son déroulement, ses participants, je ne vais donc pas revenir dessus. Mais pour moi, en plus de la bienveillance du groupe, des outils appris, des sites de parapente découverts, des beaux moments de vol, je dirais surtout que ce stage m’a apporté une prise de conscience sur ma pratique du parapente, et que gérer ses peurs / ses craintes / son stress n’est pas impossible et dédié à un type de parapentiste. Mais que ça se travaille, ça s’entretient et ça se pratique chacun à son niveau et chacun avec ses objectifs. J’ai trouvé ce message très positif, encourageant et moteur pour la suite de mon parcours de parapentiste.

A la fin de ce stage, j’ai l’impression d’avoir les clés en main pour progresser et prendre encore plus de plaisir en l’air !

Prête pour les prochains vols… avec le sourire !

Encore merci à Delphine et au groupe pour cette belle découverte et n’hésitez pas à tenter l’expérience quelque soit vos objectifs, elle vous apprendra forcément à mieux vous connaître.

Eric, notre multirécidiviste 😉

Il avait déjà témoigné en 2018 lors de son premier stage et nous avons trouvé intéressant d’intégrer les 2 textes pour voir l’évolution de sa démarche.

Eric, notre multirécidiviste 😉

2018 : 

J’ai participé avec grand profit au premier stage de Préparation Mentale pour le parapente, animé par Delphine Pille, directrice/fondatrice d’Esprit Parapente, en Drôme Provençale. Il s’agit d’un stage très spécifique où on ne fait que voler et apprendre à développer ses habiletés mentales.

Nous étions un petit groupe de 4 (qui est l’effectif maximum accepté), des pilotes « du dimanche ». Car la « prépa mentale » (ou PM) n’est pas réservée aux athlètes de haut niveau, à chacun sa performance ! Dès lors que le corps et l’esprit doivent marcher (ou voler) ensemble dans un contexte exigeant, elle est pertinente. La PM va bénéficier aux sportifs, mais aussi aux musiciens, aux artistes, aux politiques…

Au fil de 5 jours de stage de haute intensité, nous avons tour à tour beaucoup volé dans un cadre splendide, et beaucoup phosphoré, en solo, en bilatéral avec Delphine, et en groupe. On vole, on débriefe, on décortique, et on se donne des exercices pratiques de PM pour le prochain vol.

Le cadre est décidément splendide !

Voilà un stage de parapente où l’on peut écouter et être écouté, observer les autres et être observé, avec finesse, sérieux et bienveillance. Ce n’est pas si fréquent !

Nous le savons bien, le parapente mobilise notre cerveau davantage encore que notre physique, lequel est plus ou moins athlétique… La PM aide à mettre le doigt sur ce qui coince dans certaines phases de notre pratique personnelle. Elle permet de développer notre activité de façon harmonieuse et efficace, et accroît notre potentiel en partant de nos capacités. Elle met en évidence nos qualités et les renforce, elle valorise ce qui fonctionne bien. Ainsi, le positif agit comme ressource pour aider à déjouer le négatif.

Mes prises de terrain sont trop souvent hasardeuses ? Ces derniers temps je n’arrive plus à décoller proprement ? Au bout de deux heures de vol, je suis totalement rincé ? Cette semaine j’ai raté la moitié des thermiques alors que les copains se gavaient tout là-haut ?

Isa entre en finale

Ce n’est peut-être pas qu’une affaire de condition physique ou de technique ! Notre esprit produit et recycle images, dialogues internes et sensations kinesthésiques. En fonction du contexte, il les agence en séquences et « programmes mentaux» plus ou moins efficaces. Il est des cercles vertueux (j’ai décollé avec aisance et enroulé le 1er thermique avec fluidité, ma vision est précise, colorée, porte loin, mon corps est à la fois tonique et relaxé, une petite musique agréable résonne dans ma tête). Mais les spirales pernicieuses sont tout autant puissantes (damned une dégueulante ! Je coule, ça n’en finit pas, je vais encore finir au tas, mon dos se crispe, mon regard se tunnélise…)

La PM donne des outils simples d’emploi pour décortiquer une séquence particulière, positive ou négative, et l’apprivoiser. Car on peut agir sur la façon dont notre cerveau travaille, couper le son par exemple quand le dialogue interne est contre-productif, « switcher » vers un autre mode en puisant dans sa bibliothèque personnelle de beaux moments de fluidité. Par la dynamique de groupe, elle met au jour les croyances limitantes, les généralisations abusives, les présupposés questionnables. Elle aide à cerner les conflits internes qui nous bloquent ou grignotent notre énergie. Elle débouche sur la fixation d’objectifs réalistes, et la liste des capacités à acquérir pour les atteindre. L’objectif de Delphine est d’accompagner les pilotes de façon créative et personnalisée, pas de se calquer sur des modèles.

Delphine est toujours là pour nous accompagner

Pour ma part, rien qu’en me concentrant vol après vol sur chaque canal sensoriel (uniquement le vent relatif et le bruit dans les oreilles, ou uniquement la tension dans les bras ou le bassin, vario coupé), j’ai commencé à renforcer mon acuité sensorielle, et même à y voir plus clair ! J’ai pris conscience de ce qui pouvait brider mes envies de distance, ou tout simplement limiter le temps que je peux consacrer à ce sport. J’ai aussi compris qu’un choix de matériel plus adapté (cocon plus stable) pouvait ramener plus de plaisir et de l’endurance.

La PM valorise diverses techniques et disciplines utilisées depuis longtemps : la PNL, la relaxation, la visualisation, la respiration, et bien d’autres encore. Elle s’enseigne aujourd’hui à l’Université, comme celle de St-Etienne où Delphine s’est formée pendant une année. Quand elle a créé et imaginé « Esprit Parapente » il y a 10 ans tout juste (anniversaire à fêter début août !), elle ne pensait pas encore à la « Préparation mentale », mais l’Esprit était déjà là ! Cette évolution est totalement cohérente pour tous ceux qui la connaissent. Car pour elle le parapente n’est pas qu’un sport, c’est un art de vivre, et la pédagogie sur mesure et interactive un engagement passionné.

Une stagiaire du perf prête à décoller

La plupart des parapentistes que je connais sont en attente de formations mieux ciblées, plus personnalisées. Nul doute que si Delphine Pille est aujourd’hui l’une des premières à proposer des stages spécifiques de prépa mentale pour la pratique du parapente (tout comme il existe des stages pilotage ou cross), elle ne le restera pas longtemps ! Je suis fier avec mes nouveaux amis les « Cobayes de la PM » d’avoir bénéficié de la première édition.

2020 : 

Je suis le multirécidiviste, c’est mon 3ème stage prépa/gestion mentale avec Delphine, et j’ai eu l’honneur de faire partie de son tout 1er groupe en 2018, nous nous étions dénommés les « Cobayes de la PM ».

De fait, chaque groupe d’élèves donne une coloration particulière à chacune de ces semaines, et j’apprécie en 1er lieu leur mixité. Connaissant Delphine depuis une douzaine d’années, j’y suis habitué, tant elle sait mettre à l’aise les femmes par son approche ouverte et adaptative, concentrée et exigeante, mais sans pression ni esprit de compétition. Ces critères me conviennent fort bien aussi. Je sais à chaque fois que je vais rencontrer chez Delphine des gens de qualité, venus pour travailler, et harmoniser du mieux possible leur passion du parapente avec les autres composantes de leur vie personnelle ou professionnelle.

Chaque expression chez l’autre fait vibrer une corde particulière chez moi, car nous en passons tou(te)s par les mêmes ressentis, joies profondes ou craintes tenaces, c’est en tout cas ma croyance, même si nous ne les partageons pas de la même façon.

Delphine accompagne une élève de perf, stage parallèle au nôtre, sur un décollage

Je n’en dirai pas beaucoup plus sur mes nouveaux(elles) amie(s) car confidentialité et bienveillance sont d’emblée posées comme conditions de base pour la suite du stage. Certain(e)s peuvent venir avec un blocage à lever, un traumatisme à positiver, d’autres pour affiner leur technique, ou être capable de voler plus haut, plus longtemps, en conditions plus fortes. Ce qui compte et ce n’est pas le plus facile, c’est de bien poser ses objectifs.

Oh la belle Camino !

Pour ma part, j’en avais 3 :

  • Être efficace dès le début du vol (ne pas mettre un quart d’heure avant d’arriver à enrouler proprement et supporter le vol en grappe) ;
  • Décoincer/clarifier ma pratique biplace, que je délaisse par manque d’aisance ou de plaisir ;
  • Cerner ma prochaine voile, l’actuelle étant un peu rincée.

Pour les deux derniers, j’ai fait deux beaux vols thermiques de durée avec ma femme, qui m’accompagnait, et je suis reparti avec une Camino d’occasion, je considère l’objectif atteint !

La pratique biplace

Le 1er va demander plus de travail, mais j’ai commencé à ressentir de jolies choses lors d’un 3ème vol à Laragne, et à comprendre que la mise en action commençait dès le dépliage, le choix du moment de décoller, bref la décision de prendre le contrôle tôt de son (en)vol, plutôt que de réagir aux incitations de l’environnement.

La mise en action commence déjà à ce moment là.

J’ai vécu des émotions fortes aussi en regardant ce qui bougeait chez mes camarades, avec parfois comme pour moi des paliers de frustrations, mais en définitive de belles progressions, et des objectifs affinés pour l’étape suivante.

Je suis toujours impressionné, et de plus en plus, par la puissance et la justesse de l’enseignement de Delphine, qui confirme chaque fois un peu plus l’originalité et l’importance de la voie qu’elle trace. J’aspire à l’accompagner davantage encore dans ce parcours, et à ce que la gestion mentale soit mieux intégrée dans l’enseignement du parapente, tout au long de l’évolution de chaque pilote.

Pascal, notre photographe

900 mètres au-dessus du relief, 1600 par rapport à la plaine en dessous, sous ma sellette, les montagnes de l’avant-pays savoyard deviennent des ondulations. 900 mètres, ce n’est pas énorme, mais au-dessus de ma tête, je trouve mon bout de tissu bien petit. Tout est calme, le ciel est bleu, le danger est quasi nul, mais … mon bout de tissu est vraiment bien petit… J’entame la descente, alors que je pourrais monter encore.

Il n’y a pas que chez lui que Pascal prend du gaz

Décollage du Sapenay que je connais comme ma poche, je suis décontracté, trop, je décolle et m’aperçois que la jupe du cocon passe sous une des sangles. Je m’éloigne un peu, arrange les choses, reprend les commandes. Ce n’est pas grave, mais …  Une autre fois j’oublie de lancer le vario, une broutille … Une autre fois, je réalise que l’élévateur droit n’est pas en bout de mousqueton, mais coincé sur le doigt, certes vissé, mais le mousqueton ne travaille pas dans l’axe, en tirant sur l’élévateur pour l’alléger, j’arrive à le remettre. Ce n’est pas très grave … Des bricoles, ou quasi bricoles, mais elles s’accumulent …

En vol rando, sur des décollages nouveaux, dans des coins je ne connais pas bien avec une aérologie locale à découvrir, le stress plus important produit les mêmes effets. Une fois, au col du Varo, en déco dos voile, je prends l’accélérateur droit avec les élévateurs. La voile pique à droite, j’arrive à me poser illico avant le trou. Déjà plus gênant …

Les abords des décollages sont parfois un peu inhospitaliers

Pourtant, je m’applique sur mes prévols, mais ces petits incidents accumulés finissent par interroger la qualité de cette application, et finalement, je m’aperçois qu’il en est de mes prévols comme des pages que je lis sur écran, je saute de point en point, coche la case, passe à autre chose. Mon cerveau ne fonctionne plus de façon cohérente, il est formaté numérique, rapidité, zapping. Il est temps de revenir à une pratique plus apaisée, plus équilibrée, il est temps de se donner du temps pour réapprendre à prendre le temps. Il est temps de reconnecter le mental et la gestuelle.

Après un an et demi de stages déjà complets, de manque de dispo perso aux bonnes dates, de report pour cause de covid, un dimanche soir d’août j’arrive à Villefranche le Château. J’ai encore hésité les dernières semaines, les Alpes du Sud en août … La vigilance est de mise d’entrée, Villefranche est de ces lieux ou l’avant de la voiture sort du village avant que l’arrière n’y soit entré, on peut vite le rater… Ça ronfle et ça gonfle à l’atterrissage, l’air a des relents de lavande et de thym, ça sent bon, le paysage est reposant.

L’atterrissage de Villefranche, en face de l’école, est juste derrière le cimetière

Installation au gîte, seul mec avec 3 filles en groupe déjà constitué, 4 le lendemain, pas tout à fait à l’aise le mec en question. Hamburger en solitaire à 21 heures à la Guinguette à 12 km, seul resto ouvert. Je prends l’instant, déguste la bière locale, avale le hamburger. Doutes.

Le lendemain matin, nous sommes 6, dont Elodie, Isabelle et Amélie qui sont au gîte, et auxquelles s’ajoutent Jérôme et Eric venus en famille. Présentations, objectifs. J’ai du mal à répondre précisément à ce qui m’a amené ici, les éléments ci-dessus en font partie, mais il y a autre chose de plus diffus, une espèce de besoin de cohérence globale entre les gestes que fait le corps et les pensées qui les initient ou devraient les initier et les contrôler. Avec la dominante féminine au gîte, j’avais fini par me mettre dans la tête que je serai peut-être le seul mec, nous sommes à parité : équilibre. Bienveillance, écoute, non jugement, Delphine pose le cadre. Il me convient tout à fait.

La richesse parapentique de la Région. En vol au-dessus du déco de La Trappe : en face à gauche, dans les fauves, la montagne de Bergiès : deux décollages (nord et Sud) ; à droite au fond, inclinée vers l’ouest, le Buc : trois décollages ; à l’extrême droite, le plateau du fort, un décollage.

Le stage est une succession de vols, avec des focales d’attention et d’analyse mentale de ses vols, du prévol et du post vol. Les sites sont, pour la plupart, autour du bassin de Mévouilon, les navettes sont courtes, les orientations variées, du coup, on roule peu. Et si vraiment ça ne va pas, il y a d’autres sites à 20-30 km sous diverses orientations et pouvant être en situation d’abri.

On parle un peu, se confie pas mal, on écoute beaucoup les autres. Chacun raconte, décrit, essaie d’expliquer, pleure parfois (bein oui…), confie ce qu’il s’est dit ce qu’il a fait ou pense avoir fait, ce qu’il n’a pas fait, ce qu’il a ressenti. On visualise également, le vol réussi, le vol renoncé, le vol « raté » ou plutôt ce que l’on juge avoir « raté » dans son vol. Les liens entre nous se tissent, se renforcent : bienveillance, écoute, absence de jugement, entraide, soutien. Delphine orchestre avec délicatesse.

Petit à petit, je rentre dans le stage. Je me découvre serein sur chaque nouveau décollage (à l’exception d’une fois à Banon, le dernier jour où ces c. de cailloux, et ses p. de branches de thym s’agrippaient à mes suspentes : il m’a fallu plus de 10 minutes pour mettre ma voile en boule). Mes pensées s’envolent moins, je me surprends à chantonner à chaque déco ou presque tout en étant bien concentré sur mes gestes. Mes prévols s’apaisent, je laisse chanter le vario tant qu’il le souhaite, je ne râle pas lorsque je rate le thermique et dois aller me poser, je tire de chaque vol un enseignement.

Le beau vol de La Trappe

Décollage de La Trappe, vol de fin de journée, superbe lumière qui joue avec les voiles, à moins que ce ne soit l’inverse. Je travaille la routine, une chanson de Joe Dassin dans la tête, entendue à la radio en franchissant le panneau Mévouillon et qui ne me quitte plus depuis. Je travaille la routine, observation du ciel, des voiles, de la végétation, des oiseaux, installation de la voile, prévol méthodique avec une sellette que je n’utilise que rarement habituellement, je fais le prégonflage puis monte la voile et … je me fais arracher alors que l’objectif était justement de bien rester ancré au sol… Discours interne immédiat « P. de b. de m., t’es pas foutu de faire un face voile par vent fort sans te faire arracher, t’es trop nul ! », en langage châtié ça donnerait « Diantre ! tu t’es encore fait décapsulé ! Incapable ! ». Ce n’est pas la première fois. S’est ancré en moi le fait que je vais me faire arracher à chaque déco vent fort, ma gestuelle est raide, manque d’amplitude et de souplesse : mes pas vers la voile sont rachitiques et crispés alors que la tête les voit vastes et convaincus. Le lendemain lors du debriefing collectif on travaille ou reprend les croyances, les représentations, la visualisation.

Du gonflage, du gonflage et encore du gonflage… le secret des décollages maîtrisés

Cette nuit là, entre éveil et sommeil, je ferai une bonne vingtaine de décollages successifs dans mon lit, en me faisant arracher à chaque fois. Je me réveille en faisant le lien avec la tempo, le manque d’ancrage au sol, le manque de ressort : l’ensemble de ma mécanique s’est agencée. La visualisation m’a pris des dizaines de minutes de sommeil, je n’arrivais pas à en sortir pour replonger dans les bras de Morphée, je me réveille fatigué, mais j’ai des clés. On en rediscute avec Delphine, les autres. Reste à transposer dans la gestuelle à travers des séances de gonflage. Du gonflage, je n’en fais pas assez, je le sais, j’habite juste à côté d’un décollage, donc la tentation est forte d’aller voler plutôt que d’aller gonfler, mais aussi, il ne faisait pas vraiment sens, j’avais du mal à me donner des objectifs à les travailler même avec les fiches de Parapente Mag. Maintenant, j’ai ce sens, j’ai senti l’amplitude des mouvements. J’ai gonflé à Villefranche, j’ai déjà pas mal regonflé depuis. C’est ainsi ici, pas de technique pour la technique, mais de la technique pour affiner la gestuelle en liaison avec le mental.

A Laragne, le troisième jour, l’objectif est de choisir le bon moment, puis de monter pour essayer de rentrer en volant. Il y a un Est bien installé, parfois du Sud. Un premier vol de repérage par condition faible, puis deuxième vol avec des conditions plus variables, des thermiques un peu hachés, pas encore bien installés. Il faut travailler dans du petit et du cyclique, j’aime, mais là, je m’y prends mal, je perds de l’altitude, je vois le terrain dessous. Bigre, déjà ! Le vent météo étant est et sud, je cherche au nord et à l’ouest de la surface blonde de l’atterrissage au milieu de la forêt pour essayer de raccrocher quelques crachotis thermiques, mais ça ne marche pas, alors j’entre en approche. La radio crépite, voix de Delphine : « Pascal, là, je cherche, mais je ne comprends pas du tout ce que tu fais, j’pige pas. Vu ton altitude, il va bientôt falloir que tu te vaches sur le terrain de secours, tu ne vas pas pouvoir rentrer ». « Terrain de secours » Ding… La focale de mon regard s’élargit brutalement (zwwwooooop), et là-bas, à deux kilomètres au sud, je vois le terrain principal, bien plus grand, avec les véhicules, le chemin au milieu et des gens.

Il est là l’atterrissage officiel, à droite de cette photo et à gauche de la suivante…
Celui de Pascal, le 2ème de secours, il est supposé être sur la droite de la photo mais comme il est BEAUCOUP plus petit, il est invisible depuis le décollage d’où cette photo a été prise.

C’est le terrain de secours que j’ai dessous : petit, en pente, pas de chemin, pas de véhicules, pas de gens, rien : autant d’indicateurs de mon erreur, mais aucun qui n’a tilté. Maintenant, je suis trop bas pour aller au terrain principal sans finir dans les arbres, j’explique à Delphine, et finis mon approche sur celui que j’ai dessous et pose. Je me surprends à ne pas être en colère : j’ai fait un beau posé sur un terrain pas vraiment grand, en dévers et plein de petites bulles, et j’ai confirmation que la fatigue réduit mon champ de vision et mes perceptions. Plénitude. Il y a quelques jours, j’aurais été infréquentable pendant deux bonnes heures. Eric et Jérôme remontent pour un troisième vol, pour ma part, je m’abstiens, ça ne serait pas sage. Avec cet épisode, on remobilise les éléments déclencheurs, les boucles négatives, les pensées automatiques, les éléments séparateurs.

Le vendredi après-midi arrive. Il fait chaud. Delphine prend les derniers dont je fais partie, en entretien individuel. Les entretiens individuels permettent d’ancrer le travail réalisé, de fixer des perspectives de poursuivre l’exploitation sur d’autres champs que le parapente.

Puis, la lumière bascule dans les ors, le temps de la séparation s’approche, j’ai l’impression que tout le monde joue la montre, laisse traîner l’instant. La dernière goutte de bière finit par passer dans le gosier, chacun regarde le fond de son verre pour voir s’il ne peut pas gratouiller une dernière larme ambrée …

… Les ombres sont larges …

… Il faut vraiment y aller.

Les ombres sont larges…

Je repars du stage apaisé, en ayant reconnecté mon mental et ma gestuelle. La chanson de Dassin, que je n’aime pas particulièrement est devenue un élément de ma routine de l’arrivée sur site au décollage, parfois supplantée par la valse de Chostakovitch (que j’aime mieux). Je repars avec des outils, mobilisables dans ma pratique et professionnellement et plein de perspectives à travailler.

Le cadre était superbe, le groupe dans la diversité de ses membres était génial, chacun avec son caractère, ses inquiétudes, ses richesses, ses blocages, ses forces. Delphine a su en faire un ressort, un outil de consolidation et d’enrichissement mutuel apportant avec délicatesse les contenus scientifiques complémentaires au bon moment. Certains ont beaucoup cheminé, d’autres étaient davantage dans une dimension exploratoire, je dirais, à tort ou à raison, que j’étais entre les deux. J’y ai trouvé sérénité et équilibre, en évitant l’écueil de l’excès de confiance. Enfin, j’espère …

Crédits photo : Pascal Boyries. Merci à lui !

Pour plus d’information : https://www.esprit-parapente.com/parapente-et-gestion-mentale